Le clap départ de la 21ème édition du FESPACO a été donné

Ce samedi 28 février 2009, le Stade du 4 Août à Ouagadougou a été le théâtre de lancement du 21ème FESPACO. Venus de partout, le public est venu porter son soutient à cette institution qui fête ses quarante ans lors d'une cérémonie riche en sons et lumières.

Le temps caniculaire qu'il fait à Ouagadougou en ce dernier jour du mois de février n'aura pas suffit à dissuader la population. Dès la fin de la matinée, bravant la poussière d'un hamattant persistant, venant des quatre coins de la ville ils sont de tous ages, de toutes conditions sociales et de toutes nationalités. Asiatiques émerveillés, Européens aux airs de connaisseurs, Africains arborant des dreadlocks, filles à demi habillées par des tenues cachant à peines leur nudité, petits vendeurs ambulants de gadgets du festival, policiers carrés, fillettes surexcitées, c'est l'ambiance pittoresque qui régnait autour du Stade du 4 Août à l'occasion de la cérémonie d'ouverture du 21ème FESPACO. Le couple Kouanda avec son bébé de 3 mois n'a pas voulu ce faire conter l'événement. A la question s'il n'avait pas peur de la bousculade, monsieur répond : « Comme ce n'est pas pour faire du mal, Dieu va nous protéger ».

A l'intérieur, les gradins sont brûlants. Mais les festivaliers n'en ont cure. Ce qui compte ce soir, c'est la fête. Hé oui la fête ! Ils avaient raison car elle a tenu toutes ses promesses. Les artistes retenus pour égayer le public ne se sont pas économisés. Quoi de plus normal quand tout autour de soi plus de 40 000 personnes communient avec la même énergie. C'est ainsi que les Burkinabé Alif Naba, le groupe Yeleen, Sissao et le Ghanéen Kodjo Antwi ont assuré leur partition. On retiendra aussi et surtout le grandiose spectacle créé par la chorégraphe Irène Tassembedo, qui deux mois durant a travaillé avec des profanes de la danse pour créer un spectacle de 40 minutes. Le résultat est plus que concluant. L'Afrique est unique dans sa diversité et Irène l'a montré en faisant le tour du continent à travers les pas de danse interprétés.

« Il faut repenser le FESPACO et opérer des réformes pour remettre le cinéaste au centre des préoccupations du festival parce que sans cinéaste pas de FESPACO. » c'est en substance ce que le Premier Ministre a déclaré à la presse. Des interventions des officiels, on retiendra cette information majeure donnée par Monsieur SERPOS de l'UNESCO. Il s'agit de l'ouverture prochaine du Centre International des Cultures à Ouagadougou pour aider l'Afrique à développer ses industries culturelles créatives. Cela pour réaffirmer l'engagement de l'Etat à réformer ce festival qui a, à n'en pas douter besoin d'un nouveau souffle pour faire face au lot de défis qui ne fait que s'accroître. On sait aussi que l'une des plaies du cinéma africain c'est le manque d'un véritable circuit de distribution. C'est pour contribuer à le décharger de ce fardeau que la France par la voix de son ambassadeur promet en plus des soutiens traditionnels à la production, s'engage à diffuser les films primés au FESPACO dans une cinquantaine de salle française.

Il faut rappeler qu'à la date butoir du 31 décembre 2008, ce sont 664 ½uvres qui ont été enregistrées. Les cinéphiles pourront visionner 374 dont 128 en compétition officielle pour s'adjuger les 24 prix mis en jeu cette année. Les autres seront en découvertes. La fête garde son caractère populaire mais il n'y aura plus de projection en plein air. Le comité d'organisation est résolument décidé à faire renaître chez les amoureux du 7ème l'envi d'aller vers les salles obscures. C'est ainsi que de 9 salles en 2007 on passe à 14 salles pour l'édition 2009.

Après le géant éblouissant feu d'artifice qui a créé un univers de rêve, le quartier Gounghin est retombé dans une nuit qui ressemble à tout point de vue à celles qui la couvrent depuis toujours. L'engouement était total à la cérémonie d'ouverture. Il reste à souhaiter que les organisateurs minimisent les ratés, que les professionnels approfondissent les réflexions quant au devenir du cinéma africain, que les festivaliers aient le c½ur à la fête et que la population ouagavilloise garde le même enthousiasme pour une semaine pleine de passion cinématographique.

Bonne semaine du cinéma africain à tous !
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# Posté le lundi 02 mars 2009 16:36

Soirée Slam-poésie au CITO

Soirée Slam-poésie au CITO
Par Hamidou Valian

Ce dimanche 08 février 2009, la structure KM-Slam a organisé une soirée slam et accoustique au Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou (CITO). Il y avait à l'affiche Sadok et les Négroïdes.

Au Faso la Slam continue son petit bonhomme de chemin. Après les atéliers de formation de Waga hip hop et les quelques soirées organisées ça et là, cette discipline du hip hop a trouvé un écho favorable auprès de la jeunesse burkinabè. Ces jeunes commencent à affectionner ces joutes oratoires qui leur rappelent qu'ils sont issues d'une société parole. La structure KM-Slam qui a opté pour la promotion de cette discipline sous nos cieux, n'entend pas rester en marge de cette effervescence poétique.

Ce dimanche, Sadok et le groupe Négroïdes présentés par Basic Soul, pionier du mouvement rap au Faso, ont communié avec leur public.La soirée s'est déroulée en deux étapes. La première partie était entièrement dédiée au slam. Hormi les slammeurs à l'affiche, quelques talents se sont distingués dans le public. Public certes modeste mais qui a réussi a crée un cadre très convivial. C'était l'une de ces soirées où tout le monde est à la fois spectateur et acteur, illustrant le caractère ouvert et accessible des scènes slam. Les prestations étaient en accapela et l'on a vu se succeder au parloir des slammeurs tels que IB Le Che, Mr Soirée, Dou S Lee...

L'animation de la séconde partie de la soirée était à la charge du groupe Négroïdes. A noter que ce groupe figure sur le volume 2 de La part des ténèbres. Les voix des deux leads du groupe étaient portées par des sons de guitare, de tam-tam et de calebasse. C'était un beau voyage musical à travers des rythmes reggae, rap et aussi traditionnel où le Warba était à l'honneur.

KM-Slam qui n'est pas à son premier coup ne compte pas s'arreter là. La structure de Honoré Tiendrébéogo promet d'autres soirées de ce genre pour les jours à venir.
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# Posté le mardi 17 février 2009 15:37

Obscur Jaffar : « L'Afrikslam parle au nom de l'Afrique »

Obscur Jaffar : « L’Afrikslam parle au nom de l’Afrique »
Entretien réalisé par Hamidou Valian

Samedi 17 janvier, Afrikslam, la locomotive de la scène slam burkinabé était en concert au Centre Culturel Français/Georges Méliès à Ouagadougou. Le slam est devenu la discipline phare du mouvement hip hop local. Obscur Jaffar, membre du groupe, livre ses impressions d'après spectacle.

Planète Culture : Après avoir assuré la première partie de rappeurs tels que Oxmo Puccino et Disiz La Peste, vous avez aujourd'hui une scène qui vous est entièrement offerte. Comment avez-vous préparé le spectacle?

Obscur Jaffar : On l'a préparé comme on l'a ressenti dans le moment et avec toute la réalité qu'on a vécue. Ce que je peux dire, c'est que nous avons a misé à fond dans le travail comme on l'a toujours fait, et c'était super bien.

Planète Culture : Comment est-ce que vous vous êtes organisés pour les compositions?

Obscur Jaffar : Dans un groupe il faut quelqu'un qui tienne un papier, qui note et règle tout. Donc moi j'avais le papier et je notais les idées, les propositions de texte, les corrections, les suggestions etc. Chacun écrivait son texte et ensemble, on essayait de le modeler. Car nous partons d'une individualité vers une collectivité. Et c'est vrai que L'Afrikslam c'est une collectivité. Mais quand il y'a un texte, c'est un personnage principal qui est mis en avant. Les autres participent pour l'ambiance, les réponses, les affirmations, les conformations etc.

Planète Culture : Comment est-ce que vous avez trouvé la réaction du public, vu que le slam est considéré comme un style nouveau au Faso ?

Obscur Jaffar : Après le concert on a eu des retours. Le public a bien reçu le spectacle. Il a bien compris le spectacle et ça ne peut que faire plaisir et donner de la force pour travailler davantage. C'était au CCF ! Un endroit réputé fréquenté que par des Blancs ! Mais ce soir là, il y'avait bien plus de Noirs que de Blancs.

Planète Culture : On l'a remarqué avec un peu de regrets, Wilfried de Paul qui a commencé avec vous, n'était pas à vos cotés sur scène. Qu'est-ce qui explique cela ?

Obscur Jaffar : Dans L'Afrikslam chacun a une responsabilité et quand tu n'assumes pas la tienne, c'est le banc de touche que tu prends. Ça peut être volontaire ou, je ne vais pas dire une sanction, mais marcher à l'épaule cassée ce n'est pas bon. Willy a décidé de prendre son chemin parce qu'avant L'Afrikslam chacun faisait son truc. L'Afrikslam peut être perçu comme un délire, c'est une expérience et beaucoup plus un esprit. Aujourd'hui L'Afrikslam c'est Busta, S-prix, KPG et Obscur Jaffar mais dans deux mois qui sait? Qui va représenter L'Afrikslam et parler au nom de l'Afrique ? Actuellement nous sommes quatre à le faire mais notre souhait est que demain nos petits reprennent le flambeau.

Planète Culture : Le groupe existe depuis pas mal de temps déjà, mais toujours pas de production discographique. Est-ce que vous prévoyez quelque chose dans ce sens ?

Obscur Jaffar : On fera la discographie pour que les gens aient de la matière chez eux afin de pouvoir l'écouter. Mais ce qui compte le plus pour nous, ce sont les performances et les prestations en live. Cela nous permet de communiquer avec le public en communion. Sinon nous enregistrons depuis l'été dernier et ce sera bientôt prêt.

Planète Culture : Tu peux nous en dire un peu plus ?

Obscur Jaffar : Ce que je peux dire c'est par rapport à la coloration. Il y'aura de l'accordéon, de la flûte, beaucoup de travail vocal ainsi qu'au niveau des textes, de la percussion corporelle etc.

Planète Culture : Certains le définissent le slam comme de la poésie urbaine, d'autres comme un carrefour où on trouve un peu de tout. Que dit Obscur Jaffar ?

Obscur Jaffar : C'est de la poésie tout court ! C'est un art, un travail avec des lettres, des mots. Le slam c'est un carrefour où on rencontre différents genres : rap, théâtre, conte, comédie. D'ailleurs dans L'Afrikslam on des rappeurs, un conteur comique, des chanteurs et chacun apporte ce qu'il a.

Planète Culture : Penses-tu que cette discipline ait un avenir au Burkina Faso ?

Obscur Jaffar : C'est clair ! Moi je fais du slam et il faut que le slam ait un avenir, sinon moi-même je n'en ai pas. Les slameurs de L'Afrikslam qui parlent au nom de l'Afrique non plus, et par conséquent c'est l'Afrique qui n'a pas d'avenir. Nous nous essayons avec notre slam de donner de l'espoir au continent africain et permettre aux gens de percevoir un avenir.

Planète Culture : Vous avez entamé 2009 avec un concert, est-ce qu'on doit s'attendre à d'autres concerts au cours de la nouvelle année ?

Obscur Jaffar : On souhaite que les organisateurs de spectacles nous donnent la main pour qu'on travaille ensemble. Depuis qu'on a décidé de travailler avec les mots, de faire de l'art, on le fait. Mais organiser des spectacles ce n'est pas tout à fait notre travail. Cela dit, nous n'allons pas attendre que quelqu'un nous donne une salle pour organiser un spectacle. On en organisera quand on le voudra en fonction de l'urgence du moment. Car le travail artistique c'est bien mais avant tout, il y'a l'urgence de dire ce qu'on vit.

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 16:27

Passage réussi pour Ange

Passage réussi pour Ange
Passage réussi pour Ange

David Sanon

Sur le fond de scène, des images de nuages filent à l'horizon sur de. Entre le fond de scène et le rétroprojecteur posé à l'avant scène, une grande barrique, suivi d'une plus petite. Une lumière orangée introduit sur la scène une fille venant de la salle. Elle est reliée par un bandeau rouge à un baluchon qu'elle traîne derrière elle. Ange Aousou, encore elle cette fois-ci dans un solo intitulé « Passages ». C'est là que l'on découvre l'étendue de son talent. Après s'être débarrassée de son baluchon dans la grande barrique, elle emporte le public dans son sillage. D'un air troublé, elle sort du champ de l'écran. Sur les notes musicales concoctées par Mamadou Fofana, elle passe allègrement des pas de danse classique à la danse orientale en passant par le hip hop, les musiques traditionnelle et urbaine africaine. Pendant qu'elle danse, les images de fond changent. Les nuages cèdent la place à un tas d'immondices. La grande barrique symbolise un dépotoir. Cette jeune fille à la croisée des chemins cherche un passage. Après moult pérégrinations sur ces notes musicales qui la transportent du village africain vers l'orient en passant par la ville africaine et l'occident, elle revient au réel qui est très souvent caractérisé par la douleur. Elle retourne à la grande barrique. Après ses fouilles elle se trouve d'autres accoutrements. Mais le lien y est difficile à établir avec autrui. Après avoir lancé « S'il vous plait, monsieur ! Grande s½ur... », sans réponse de la part des personnes interpellées, elle conclue en disant : « Les gens sont bizarres ici ». Cette pièce nous évoque et nous convoque à la réflexion de sans l'exprimer ouvertement, la question du départ, de l'immigration. Pendant les 25 minutes que dure ce solo, les spectateurs ont effectué le voyage avec Ange. Sa maîtrise des pas des différents rythmes musicaux et l'occupation rationnelle de l'espace scénique ont rendu la pièce captivante et digeste.

# Posté le lundi 22 décembre 2008 10:41

Quand Gabi Glins et Ange Aoussou s'interrogent

Quand Gabi Glins et Ange Aoussou s’interrogent
Quand Gabi Glins et Ange Aoussou s'interrogent

David Sanon

Qui suis-je ? C'est le titre du duo de 40 minutes qu'ont présenté la Suisse Gabi Glins et l'Ivoirienne Ange Kodro Aoussou au public du CCF de Ouagadougou ce jeudi 18 décembre 2008. Combien sont-ils à ne s'être jamais posé cette question que se soit dans les moments de solitude ou dans nos relations aux autres ? Comment l'autre nous voit ? Comment nous le voyons ? Comment nous pensons qu'il nous voit ? Questions ?
Deux moustiquaires accrochées à un fil traversent la scène du côté cour vers le côté jardin. A l'arrière comme à l'avant scène des bidons d'eau minérale. Ce duo composé d'une Ivoirienne jeune et noire et d'une Suisse blanche et beaucoup plus âgée, s'exprime sur les dissemblances et es ressemblances que nous confèrent nos origines. Gabi obéit à une voie impersonnelle qui la fait courir en disant « Harry up ! » et « Slow down !» pour la faire marcher. Ange ne comprend pas ces mouvements mécaniques.
Elles se dévisagent et prennent conscience de leur différence de peaux. Gabi exécute ses pas de danse classique pendant que Ange fait une revue des pas de danses africaines. Ce sont là des points de divergence. Mais ce qu'il y'a de formidable dans cette pièce c'est qu'elle nous dit malgré ces différences nous pouvons partager les mêmes valeurs. Pendant que Gabi explique en français et en allemand combien elle tient à une vertu cardinale comme le respect, Ange dit la même chose en bambara et en dida. L'application dans les mouvements d'ensemble qui sont bien menés témoigne du professionnalisme des danseuses.
L'éternel choc de la rencontre des cultures qui a été un argument destructeur à certaines occasions est autrement vu par Gabi. Quoi de plus normal quand on sait qu'elle a mené des études supérieures en ethnologie parallèlement à sa carrière de danseuse. Et si nos refuges identitaires étaient aussi fragiles que la toile d'une moustiquaire ? La violence est symbolisée par les souffles que les deux danseuses s'envoient de la bouche. Beaucoup de lumières, aussi bien des projecteurs que dans certains bidons d'eau : un appel à plus d'ouverture ? La scène reste baignée dans un bleu apaisant le long de la représentation. La grande leçon de cette création, c'est que les rencontres des cultures peuvent aussi être paisibles !

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# Posté le lundi 22 décembre 2008 10:29